Ce livre est une ode à la beauté de la nature

Ce livre est une ode à la beauté de la nature

Texte: Manuela Estel Photos: Lur Garden
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Le livre Lur Garden d’Iñigo Segurola revient sur la genèse de son « jardin de jardins » façonné depuis dix ans dans la vallée d’Oiartzun.

Mais puisqu’un jardin n’est rien sans son jardinier, le paysagiste basque y révèle aussi beaucoup de lui-même. Récit d’un homme en quête d’ordre et de beauté au cœur d’une nature libre et indomptable.

Petit, Iñigo Segurola était de ces enfants qui cueillent des fleurs à chaque sortie scolaire. Il disait que quand il serait grand, il écrirait « des livres sur les arbres ». Déjà passionné de végétaux, il raconte combien il était pris aux tripes quand, en classe de sciences, les graines qu’il avait nichées dans du coton humide germaient enfin.

Cinquante ans plus tard, il est le créateur d’un jardin unique au Pays basque, un « ovni » dans le paysage local. Surtout, il publie Lur Garden, le « livre sur les arbres » dont il avait rêvé.

“Je dis toujours que ce jardin a été comme une adoption de quintuplés : quand l’un dort, l’autre pleure, un autre devient incontrôlable, etc.” – Iñigo Segurola

Lur Garden, 10 ans de genèse dans un livre
Lur Garden est un ensemble de 16 jardins à thèmes, un « jardin de jardins » réparti sur deux hectares au cœur d’une petite vallée d’Oiartzun. D’aucuns diront que c’est le jardin d’Éden. Pourtant, quand Iñigo Segurola et son partenaire Juan Iriarte trouvent ce terrain, il y a dix ans, ce n’est qu’une prairie dans laquelle paissent quelques vaches, bordée par le ruisseau Sarobe.

À la tête de Lur Paysajistak depuis 1994, les paysagistes visionnaires du Gipuzkoa tombent amoureux du lieu et décident de l’acquérir pour y expérimenter leur art sans contrainte.

Au fil des pages, Segurola révèle les étapes du projet. On y apprend que l’idée de créer une succession de jardins ronds, plutôt que rectilignes, est née du croquis d’un œuf au plat de Juan Iriarte. Inspiré par des anneaux métalliques trouvés sur le terrain, Iriarte esquisse un jardin pensé non pas comme l’extension d’un bâtiment, mais comme des îlots en pleine nature.

Les photographies, de Segurola lui-même et de Clair Takacs, Marta Etxebarria et Unai Bellami, offrent un voyage visuel à travers ces espaces contrastés. On vogue ainsi du jardin du miroir, organisé sobrement autour d’un plan d’eau dépourvu de plantes aquatiques, au jardin de l’extravagance, multicolore et luxuriant.

Segurola ouvre les portes de son jardin intérieur
Lur Garden s’organise en deux parties : le jardinier puis le jardin. Car le rapport entre l’un et l’autre est viscéral pour Segurola. « Je dis toujours que ce jardin a été comme une adoption de quintuplés : quand l’un dort, l’autre pleure, un autre devient incontrôlable, etc. », confie-t-il. Les huit premières années de cette création avaient tout d’une relation obsessionnelle, dans laquelle il admet s’être oublié au point de « toucher le fond ». Il compare le jardin à un enfant à jamais dépendant de son géniteur.

Seuls le yoga et la méditation l’ont émancipé de cette interdépendance et lui ont permis de se reconstruire. Plutôt qu’un Créateur, il a alors pris la place d’un observateur, dans ces jardins pleins de vies, végétales et animales, qui finalement, n’étaient pas si dépendantes de lui.

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